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Mai 2009 : les chemins de la mémoire.

Dans le cadre de leurs cours d'éducation civique, sous la houlette de leurs professeurs J.P. DELOS et G. FREY, les 54 élèves de terminales générales ont le projet de participer aux cérémonies de commémoration de la Rafle de 1944 à Figeac, le 12 mai 2009, en créant des chemins de la mémoire, soit des promenades pédestres sur les lieux de drame autour de Figeac.

Un premier temps de réflexion sur l'intérêt d'une participation citoyenne à l'Histoire et à l'histoire locale a abouti au questionnement suivant:

Quelle est l’utilité des journées mondiales commémoratives ?

Quel niveau donner à ces journées mondiales ?
Faut-il une journée pour penser à quelque chose ?
Qu’est-ce qui est important ? L’événement ou la commémoration ?
 
Quel sens donner à la lettre de Guy Moquêt ? Sans préparation ?
Guy Moquêt : commémoration factice, imposé … cela n’est pas souhaitable !
Doit-on fixer un âge à cette lecture ? Comment le fixer ?
Quels sont les objectifs de l’utilisation excessive de certains mots (ex : « patrie ») ?
Est-ce que le devoir de mémoire n’est pas personnel ? Et la commémoration n’a-t-elle pas un intérêt individuel ? (c’est du « politiquement correct », sauf pour les familles de victimes)
Peut-on tous passer par le même document pour ce devoir de mémoire ? (sorte de « punition »)
Plutôt travail de mémoire que devoir de mémoire ?
Eduquer à la commémoration n’est pas souhaitable et est même critiquable pour certains.
Le devoir de mémoire peut-il se décréter ?
 
Un devoir d’oubli doit-il / peut-il exister ?
Oublier … quel en est le danger ?
Faut-il nécessairement oublier pour se reconstruire ? (un problème : même sans avoir vécu la Seconde Guerre mondiale, on ne peut l’oublier ; elle a contribué à mettre en place des organismes de paix qui gère le contexte actuel)
N’y a-t-il pas une dérive à oublier ? (ex : commettre à nouveau les erreurs)
Il est utile d’oublier le passé mais il faut garder en têtes des choses fondamentales (valeurs républicaines, idéaux …) et se souvenir des erreurs politiques …
 
Problème de la multiplicité des mémoires : collectives, individuelles, extérieures…
Alors, peut-on éduquer à la mémoire ? Et le risque de formatage ?
La commémoration n’est pas un formatage tant qu’on est libre de ne pas y aller, tant qu’elle n’est pas imposée. (« oui, mais si le gouvernement ne forçait pas, personne ne ferait l’effort »)
Et les jours fériés ? Beaucoup ne savent pas à quoi ils servent, ni ce qu’ils représentent.
 
Problème des évènements qui sont de plus en plus loin dans le passé : on ne peut pas se souvenir de tout, sélectivité, genre de cycle, un oubli inéluctable. Idée de l’artificialité de la mémoire.
Les formes actuelles de la commémoration ne sont-elles pas à revoir ?
 
P. NORA : « on ne commémore tant aujourd’hui le passé que pour mieux célébrer le présent » :  discours qui dit « c’est mieux aujourd’hui, il faut en profiter », c’est un trait de civilisation, peu d’attrait au passé, consumérisme. Pourtant la mémoire (notion générique) est le fondement de la nation.
 
Et l’histoire locale ? « on se sent concerné davantage » pour les Figeacois, ceux qui viennent d’ailleurs se disent moins intéressés… mais l’exemple d’Oradour-sur-glane, « le fait de se déplacer sur un lieu qui a un passé dramatique, on se sent concerné »).
 
Commémoration rime avec : souvenir, cérémonie, hommage, partage, information
La commémoration est une hypocrisie : cela ne sert à rien ( pas de leçon tirée du passé) , on commémore en portant les valeurs et les idéaux des personnes.
 

Se remémorer est important ; commémorer : non.

 

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Un deuxième temps de réflexion eut lieu le lundi 20 octobre à 13H30 avec l'intervention de Mme Badelon, professeur de philosophie, qui a repris avec les élèves leur projet dans un sens critique (notamment les dérives liées au formatage de la commémoration, de la récupération politique, des nuances historiques à apporter aux témoignages...). En voici un compte-rendu.

L'analyse critique de ce projet a mis à jour plusieurs problèmes: celui du rapport entre histoire, mémoire et commémoration, et celui du rapport entre histoire et histoire locale. En effet, en créant ces parcours, ils deviennent des "lieux de mémoire", c'est donc un acte de mémoire lisible par la collectivité afin de maintenir vivant un épisode particulièrement sombre de la Seconde Guerre mondiale; mais il ne s'agit en aucun cas de faire oeuvre d'historien, car celui-ci doit justement déconstruire la mémoire collective et la mettre à distance pour faire son travail. Les élèves dans ce projet font donc un travail d'éducation civique, ils sont censés réfléchir sur la condition de citoyen dans leur localité face à la multiplicité de la mémoire. Ainsi, en s'imprégnant de l'histoire locale, ils doivent être capables de s'affranchir de la mémoire proposée par les élus locaux et se replacer dans l'histoire générale.

 

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Suite à cette réflexion philosophique, un troisième temps est la mise en oeuvre de la réalisation des maquettes des 4 dépliants concernant les 4 itinéraires mis à jour (cf. les encarts présents à droite).

Voici quelques photos des lieux de mémoire figeacois, sites de passage des randonnées pédestres qui seront présentées au public le 12 mai 2009 lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du 12 mai 1944, puis accessibles au public ensuite à l'Office de tourisme de Figeac et à l'Annexe du Musée de la Résistance et de la Déportation, rue Emile Zola:

- Lavayssière

- le Cingle

- Lunan